Accueil » Ressources » Radiologues / ophtalmologues : faut-il systématiser la holding ?
Dans les spécialités à forte rentabilité comme la radiologie ou l’ophtalmologie, la holding est devenue presque un passage “naturel”.
Dès que l’activité se structure, que la SEL génère des résultats importants, la question arrive rapidement. Parfois même trop vite. Certains praticiens créent une holding parce que “tout le monde le fait”, sans toujours comprendre ce que cet outil permet réellement.
Or, nous l’avons souvent répété, la holding n’est ni un standard, ni un réflexe. C’est un outil de structuration des flux, qui n’a de sens que dans certaines configurations précises.
La systématiser est souvent une erreur. Voici pourquoi !
La première confusion concerne la nature même de la holding.
Créer une holding ne réduit pas mécaniquement l’impôt. Elle ne crée pas de richesse supplémentaire. Elle permet simplement d’organiser différemment la circulation des flux entre la société d’exercice et le patrimoine.
Concrètement, la holding reçoit des dividendes de la SEL, avec une fiscalité limitée dans le cadre du régime mère-fille. Ces flux peuvent ensuite être réaffectés sans passer immédiatement par la fiscalité personnelle.
C’est cette logique qui crée l’intérêt. Mais sans flux à organiser, la holding n’apporte rien.
Dans un cabinet de radiologie ou d’ophtalmologie, la question clé est simple : que faites-vous de votre résultat ?
Si l’intégralité est distribuée pour financer votre train de vie, la holding est inutile. Les flux sortent de toute façon vers votre patrimoine personnel et sont fiscalisés.
En revanche, dès qu’une part significative du résultat n’est pas consommée, la situation change.
Prenons un exemple concret.
Un groupe d’ophtalmologie génère 600 000 € de résultat pour un associé. Celui-ci consomme environ 200 000 € par an. Les 400 000 € restants sont soit fiscalisés immédiatement en nom propre, soit conservés en SEL.
Dans ce cas, la holding permet de faire remonter ces flux et de les réallouer en investissement immobilier, en diversification patrimoniale, en rachat de parts ou en structuration dans le groupe.
Sans cette capacité de capitalisation, la holding reste une coquille vide.
Ces spécialités présentent une particularité : elles combinent forte rentabilité et besoins d’investissement importants.
Plateaux techniques, équipements lourds, renouvellement régulier… une partie du résultat doit rester dans la structure pour financer l’activité.
Dans ce contexte, la holding peut jouer deux rôles.
Elle peut servir à organiser les flux sortants, notamment pour des investissements patrimoniaux. Mais elle peut aussi permettre de structurer des opérations plus complexes : réorganisation du capital, entrée d’associés, OBO, financement croisé.
C’est dans ces configurations qu’elle devient pertinente.
Dans la pratique, on observe souvent des holdings créées sans véritable logique.
Le praticien crée une holding, remonte des dividendes… puis ne sait pas réellement quoi en faire. Les flux s’accumulent sans stratégie claire.
Dans certains cas, la holding devient simplement un “sas fiscal”, sans réelle valeur ajoutée.
Le risque est double : d’abord, complexifier inutilement la structure et ensuite, créer des coûts (juridiques, comptables) sans bénéfice réel. Une holding n’a donc d’intérêt que si elle s’inscrit dans un projet.
L’un des usages les plus fréquents est l’investissement immobilier via la holding.
Sur le papier, le schéma est séduisant : les dividendes remontent, puis sont investis dans une SCI détenue par la holding.
Mais ce montage n’est pas toujours optimal. La fiscalité de l’immobilier reste spécifique. Les arbitrages entre détention en nom propre, en SCI à l’IR ou à l’IS, ou via holding doivent être analysés finement.
Dans certains cas, la holding apporte une flexibilité intéressante. Dans d’autres, elle complexifie inutilement la structure sans avantage réel. Là encore, tout dépend du projet global.
Dans les groupes de radiologie ou d’ophtalmologie, la holding peut également intervenir dans la structuration du capital.
Elle permet notamment :
Mais ces usages supposent une vision claire de la gouvernance.
Une holding mal intégrée dans l’organisation du groupe peut au contraire compliquer les relations entre associés et rendre les flux plus difficiles à lire.
La question n’est pas de savoir s’il faut une holding. La question est de savoir ce que vous voulez faire de votre activité et de vos flux.
Souhaitez-vous :
Si ces objectifs sont présents, la holding devient un outil pertinent. Sinon, elle reste accessoire. C’est simple !
La création d’une holding ne peut pas être isolée. Elle doit être cohérente avec votre niveau de résultat, vvotre mode de rémunération, votre stratégie patrimoniale. Mais aussi avec l’organisation du groupe et votre horizon professionnel
Chez P-ACX Médical, nous ne créons jamais de holding “par principe”.
Nous analysons les flux réels, la capacité de capitalisation, les projets du praticien et la structure du groupe. L’objectif est de déterminer si la holding apporte une valeur réelle dans la trajectoire.
Dans certains cas, elle devient un levier puissant. Dans d’autres, elle n’est tout simplement pas nécessaire. Vous voulez savoir si elle est faite pour vous ? Contactez-nous !
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