Accueil » Ressources » Cabinet dentaire en groupe : SCM, SEL et/ou holding ?
L'exercice en groupe est devenu la norme en chirurgie dentaire libérale. Les investissements en équipements, la charge administrative croissante, la diversification des compétences requises (chirurgie implantaire, orthodontie, parodontologie, endodontie) et les attentes des patients en termes de disponibilité et de continuité des soins rendent l'exercice solo de plus en plus difficile à assumer dans de bonnes conditions. Mais se regrouper ne suffit pas : encore faut-il choisir la structure juridique adaptée, gouverner le groupe de façon équitable et anticiper les évolutions futures. C'est l'objet de cet article.
Les raisons qui poussent les chirurgiens-dentistes à se regrouper sont à la fois économiques et cliniques. Sur le plan économique, la mutualisation des charges fixes (loyers, personnel, équipements) améliore significativement la rentabilité individuelle. Un panoramique numérique ou un CBCT, inaccessibles financièrement pour un praticien solo dans un petit cabinet, deviennent abordables à deux ou trois.
Sur le plan clinique, la complémentarité des compétences est un atout majeur. Un groupe qui réunit un chirurgien-dentiste généraliste, un spécialiste en orthodontie et un chirurgien oral peut offrir une prise en charge pluridisciplinaire que peu de praticiens solos peuvent proposer. C'est un avantage concurrentiel réel dans les zones urbaines où la concurrence est forte.
Enfin, la continuité des soins est un argument de poids : en cas d'absence d'un praticien, le cabinet reste ouvert, les urgences sont prises en charge, et les patients fidèles ne partent pas vers un confrère.
La société civile de moyens est la structure la plus souple pour des chirurgiens-dentistes qui souhaitent mutualiser sans s'engager dans une entité commune contraignante. Chaque praticien conserve son indépendance juridique et fiscale, exerce sous son propre statut (BNC ou SEL), et facture sa propre patientèle. La SCM porte uniquement les moyens communs : le bail, le matériel, le personnel administratif.
C'est souvent la structure choisie par des praticiens qui se connaissent et qui souhaitent tester la collaboration avant de s'engager plus loin. Elle est également adaptée aux groupes dans lesquels les praticiens ont des niveaux d'activité très différents ou des spécialités distinctes qui génèrent des chiffres d'affaires inégaux.
La clé de répartition des charges est le point sensible de toute SCM dentaire. Une répartition égalitaire est simple mais peut devenir inéquitable si un praticien utilise davantage le matériel commun (le CBCT, par exemple, est nettement plus utilisé par un chirurgien oral que par un généraliste). Une clé pondérée par l'activité ou par l'utilisation réelle de chaque équipement est plus juste mais plus complexe à administrer. Ce choix doit être acté dans les statuts et révisé si la réalité de l'exercice évolue. Comment construire une clé de répartition équitable dans une structure multi-praticiens donne les bases pour ce travail.
La SEL multi-associés va plus loin : les chirurgiens-dentistes exercent au sein d'une même entité, partagent les résultats et prennent les décisions ensemble. C'est un engagement plus profond, qui suppose une vision partagée et une gouvernance solide.
L'avantage principal est la cohérence économique : tous les revenus et toutes les charges sont consolidés dans une structure unique, ce qui facilite le pilotage financier et l'optimisation fiscale globale. La capacité à arbitrer entre rémunération et dividendes, à capitaliser dans la structure et à investir collectivement est nettement supérieure à ce que permet une SCM.
En dentisterie, la SEL multi-associés pose une question spécifique : comment répartir les résultats entre des praticiens dont les spécialités et les niveaux d'honoraires sont très différents ? Un orthodontiste qui facture 5 000 euros par mois en honoraires d'orthodontie génère un chiffre d'affaires très différent d'un généraliste orienté soins conservateurs. Cette disparité doit être anticipée dans le pacte d'associés, avec une clé de répartition qui tient compte des apports réels de chacun au résultat commun.
Pour les cabinets dentaires qui atteignent une taille significative, deux ou trois associés avec un chiffre d'affaires consolidé important, la question de la holding mérite d'être posée. Elle permet de faire remonter les dividendes des SEL individuelles ou de la SEL commune dans une structure faîtière avec une fiscalité très réduite (régime mère-fille), et de les réinvestir dans des actifs patrimoniaux, immobiliers ou financiers, sans passer par la case IR.
La holding est particulièrement pertinente pour les groupes dentaires qui envisagent une croissance externe, l'acquisition d'un autre cabinet, ou le développement d'un réseau de plusieurs sites. Elle offre un cadre juridique adapté à ces ambitions tout en optimisant la fiscalité des flux financiers entre entités. Dans quelles conditions la création d'une holding fait réellement sens pour un cabinet médical donne les critères pour évaluer si cette architecture est adaptée à votre situation.
Quelle que soit la structure retenue, le pacte d'associés est le document le plus important de la vie d'un groupe dentaire. Il organise les relations entre associés, prévient les conflits et définit les règles du jeu pour les situations que les statuts ne tranchent pas.
Un pacte bien rédigé en dentisterie doit couvrir des points spécifiques à la profession. La question de la clientèle : en cas de départ d'un associé, peut-il emmener sa patientèle ? Y a-t-il une clause de non-concurrence, et dans quelles conditions est-elle valable ? La question des spécialités : si un associé se spécialise en implantologie après l'entrée dans le groupe, comment les revenus supplémentaires générés par cette spécialisation sont-ils répartis ? La question des investissements : au-delà de quel montant une décision d'investissement doit-elle être prise à l'unanimité plutôt qu'à la majorité ?
Ces questions méritent des réponses précises inscrites dans le pacte, pas des arrangements informels qui s'effacent dès que les relations se tendent.
Un groupe dentaire évolue : des associés partent à la retraite, d'autres arrivent, les spécialités changent, les locaux deviennent trop petits. La structure juridique choisie à l'origine doit pouvoir absorber ces évolutions sans être entièrement reconstruite.
La SEL multi-associés offre à cet égard plus de souplesse que la SCM : l'entrée d'un nouvel associé se fait par cession ou émission de parts sociales, avec une valorisation établie selon des règles définies dans les statuts. La sortie d'un associé suit le même processus, avec les éventuelles clauses de préemption qui donnent aux associés restants le droit de racheter les parts avant tout tiers.
P-ACX Médical accompagne les groupes de chirurgiens-dentistes dans la structuration de leur exercice collectif : choix de la forme juridique, rédaction des statuts et du pacte d'associés, organisation fiscale et comptable du groupe, mise en place de la holding pour les structures ambitieuses. Une approche pluridisciplinaire pour construire un groupe solide sur le long terme.
Partager l’article
Partager l’article
Professionnel de santé, P-ACX Médical est un cabinet spécialisé dans la gestion et l’optimisation de votre activité libérale.
Nos expertises s’étendent de l’expertise-comptable à l’accompagnement juridique en passant par la gestion de patrimoine et la protection sociale.
Demandez un audit de votre situation, c’est sans engagement !


