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Faut-il garder de la trésorerie dans sa SEL ?

Médecins en SEL, devez-vous garder votre trésorerie dans la SEL ou la sortir ?
Sommaire

Si vous exercez en Société d’Exercice Libéral (SEL) avec associés médecins, vous êtes certainement confronté à la question suivante : que faire des bénéfices générés par votre activité ? Devez-vous conserver la trésorerie dans la SEL ou la sortir pour l’investir ailleurs ?

Garder des fonds dans la SEL peut sembler sécurisant, mais cette solution présente plusieurs limites, notamment une fiscalité peu avantageuse et des contraintes réglementaires strictes. À l’inverse, sortir les bénéfices permet d’optimiser sa fiscalité et d’explorer des options d’investissement plus diversifiées. Tout dépend de votre situation et de celles de vos associés mais voici d’ores et déjà les grands principes.

Alors, quelle est la meilleure stratégie ?

 

Garder la trésorerie dans la SEL : une fausse bonne idée ?

 

Une trésorerie encadrée et difficilement mobilisable

Avant toute chose, il faut savoir que la trésorerie d’une SEL est très encadrée et difficilement mobilisable. La première contrainte d’une trésorerie conservée dans une SEL est réglementaire. Contrairement à une entreprise classique, une SEL doit systématiquement respecter son objet social, c’est-à-dire l’exercice de la profession médicale.

Cela signifie que les fonds disponibles ne peuvent être utilisés que pour des dépenses directement liées à l’activité :

  • L’achat de matériel médical ou de mobilier professionnel.
  • Le règlement des charges courantes (loyer, salaires, assurances).
  • L’acquisition de locaux professionnels (sous certaines conditions).

 

En revanche, il est interdit d’utiliser ces fonds pour des investissements purement patrimoniaux (achat de parts de SCPI, placements financiers, immobilier locatif non professionnel, etc.).

Si une SEL est contrôlée et que des investissements non conformes sont détectés, l’Ordre des médecins peut exiger une régularisation ou, dans certains cas, prononcer des sanctions disciplinaires.

 

Une fiscalité qui pénalise les fonds immobilisés

Garder de la trésorerie dans la SEL implique également une double imposition potentielle :

  • Impôt sur les Sociétés (IS) : La SEL est soumise à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà).
  • Taxation à la sortie des fonds : Si le médecin souhaite récupérer cet argent plus tard sous forme de dividendes, il devra payer la Flat Tax à 30 % ou être imposé au barème progressif de l’Impôt sur le Revenu (IR) + prélèvements sociaux.

 

Prenons un exemple :

Une SEL génère 100 000 € de bénéfices. Après IS à 25 %, il reste 75 000 € en trésorerie. Si ces fonds sont distribués sous forme de dividendes, la Flat Tax (30 %) s’applique, soit 22 500 € d’impôt. Au final, le médecin ne récupère que 52 500 € sur les 100 000 € initiaux.

Ce schéma montre que garder des fonds en SEL n’apporte pas d’avantage fiscal et que l’argent est difficilement mobilisable hors du cadre professionnel.

 

Sortir la trésorerie : plus d’options d’investissement et d’optimisation fiscale

 

L’option des dividendes : récupérer ses fonds et les placer librement

Une première solution pour faire fructifier la trésorerie de votre SEL consiste à distribuer les bénéfices sous forme de dividendes. Certes, cette solution entraîne une taxation immédiate (Flat Tax ou barème progressif de l’IR), mais elle permet de :

  • Récupérer son argent sans restriction.
  • L’investir dans des placements plus rentables et diversifiés : assurance-vie, immobilier locatif, SCPI, private equity, etc.

 

Exemple : Un médecin perçoit 50 000 € de dividendes nets après impôts. Il peut les placer en assurance-vie avec un rendement annuel moyen de 3 à 5 %, générant un capital supplémentaire sur le long terme.

 

Créer une SPFPL : un levier d’optimisation fiscale et patrimoniale

Une alternative intéressante est la création d’une Société de Participation Financière de Professions Libérales (SPFPL). Cette holding permet de :

  • Remonter les bénéfices de la SEL à la SPFPL avec une fiscalité réduite (régime mère-fille, taxation de seulement 1 à 5 % sur les dividendes).
  • Investir plus librement dans des biens immobiliers professionnels, des participations dans d’autres sociétés médicales ou des placements financiers spécifiques.
  • Différer la taxation personnelle, puisque l’argent reste dans la SPFPL tant qu’il n’est pas redistribué aux associés.

 

Exemple : Un médecin crée une SPFPL qui détient sa SEL. Les 100 000 € de bénéfices sont remontés à la holding, qui n’est taxée qu’à 1 à 5 %. Ces fonds peuvent alors être réinvestis dans l’achat de nouveaux locaux médicaux sans être immédiatement soumis à l’IR.

 

Investir en direct : une stratégie plus souple et diversifiée

Nous y reviendrons plus en détail, mais une autre option consiste à sortir les bénéfices et à les investir directement en nom propre ou via des véhicules patrimoniaux adaptés.

Quelques exemples d’investissements possibles :

  • Immobilier locatif (achat d’un appartement pour le louer).
  • SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) pour un rendement stable sans gestion.
  • Assurance-vie pour une fiscalité allégée et un horizon long terme.
  • Private equity ou fonds d’investissement pour des placements plus dynamiques.
  • Actifs numériques (crypto, entre autres)

 

Cette approche permet de bénéficier d’un cadre fiscal plus souple et d’une meilleure rentabilité plus attractive. À la condition toutefois d’être accompagné par un expert en gestion d’investissements et de patrimoine.

 

Tableau comparatif : quelle stratégie adopter pour la trésorerie d’une SEL ?

 

Critère Garder la trésorerie dans la SEL Sortir la trésorerie et l’investir
Utilisation des fonds Très encadrée (uniquement pour l’activité) Totale liberté (immobilier, assurance-vie, etc.)
Fiscalité immédiate IS à 15-25 % Flat Tax à 30 % ou IR
Optimisation possible Limitée Via SPFPL ou placements patrimoniaux
Potentiel de rendement Faible Plus élevé selon l’investissement

 

En résumé :

  • Garder la trésorerie en SEL est une solution sécurisante mais contraignante et fiscalement peu intéressante.
  • Sortir les bénéfices permet de mieux investir son argent, d’optimiser la fiscalité et d’augmenter le rendement.

 

P-ACX Médical pour piloter la trésorerie de votre SEL

La question de la trésorerie dans une SEL ne doit pas être prise à la légère. Laisser trop de liquidités dans la société limite les possibilités d’investissement et augmente la pression fiscale. À l’inverse, organiser une sortie des fonds permet d’explorer des stratégies patrimoniales plus efficaces. Chaque situation étant unique, il est fortement conseillé de se faire accompagner par :

  • Un expert-comptable spécialisé dans les professions libérales.
  • Un gestionnaire de patrimoine pour structurer ses investissements.

 

Et dans certains cas, d’un avocat spécialisé pour vérifier le cadre réglementaire des opérations réalisées. P-ACX Médical propose les 3 expertises avec un seul interlocuteur pour gérer votre SEL.

Vous souhaitez discuter des meilleures options pour votre trésorerie ? Contactez-nous pour un échange offert de 30 minutes, cela ne vous engage à rien !

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