Accueil » Ressources » Holding (SPFPL) et SELARL : une combinaison juridique gagnante ?
La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est la forme juridique que prend une holding détenant des parts d'une SEL médicale. Associée à une SELARL, elle forme le montage dit "mère-fille" : la SPFPL détient tout ou partie du capital de la SELARL, perçoit les dividendes que celle-ci verse, et les réinvestit sous un régime fiscal très favorable. Ce montage n'est pas réservé aux grandes structures : il devient pertinent dès que la SEL génère un excédent de trésorerie significatif que le praticien souhaite capitaliser ou réinvestir, plutôt que distribuer immédiatement.
La SPFPL n'est pas une société d'exercice. Elle ne soigne pas, ne facture pas de consultations, et ne peut pas employer un praticien libéral pour exercer la médecine. C'est une société financière dont l'objet est de détenir des participations dans une ou plusieurs SEL (SELARL, SELAS, SELAFA). Son capital doit être détenu majoritairement par des professionnels de santé exerçant la même profession que celle exercée par la SEL fille — c'est une contrainte réglementaire issue de la loi du 31 décembre 1990 modifiée.
La SPFPL peut prendre la forme d'une SARL (SPFPL-SARL), d'une SAS (SPFPL-SAS) ou d'une SA. Le choix de la forme a des conséquences sur la gouvernance et la capacité à accueillir des investisseurs extérieurs, mais n'impacte pas le régime fiscal mère-fille.
À noter : comme le rappelle l'article holding radiologue/ophtalmologue, certaines spécialités à exercice majoritairement en plateau technique (radiologie, biologie médicale) se retrouvent de fait contraintes à ce montage. Pour les autres, c'est un choix d'optimisation.
C'est le coeur fiscal du montage. Lorsque la SELARL verse des dividendes à sa société mère SPFPL, ces dividendes bénéficient du régime mère-fille prévu à l'article 145 du CGI : 95% du dividende est exonéré d'IS au niveau de la holding. Seule une quote-part de frais et charges de 5% est réintégrée au résultat imposable de la SPFPL.
Exemple chiffré : la SELARL dégage 150 000 euros de bénéfice net après IS (taux IS 25%). Elle distribue 100 000 euros de dividendes à la SPFPL. Au niveau de la SPFPL, seuls 5 000 euros (5%) sont soumis à l'IS. À 25%, l'IS supplémentaire est de 1 250 euros. Le coût fiscal de la remontée de dividendes vers la holding est donc de 1,25% — contre 30% (flat tax) si ces mêmes dividendes étaient distribués directement au praticien.
Ce différentiel de taxation explique l'intérêt du montage : la SPFPL dispose de 98 750 euros nets à réinvestir, là où le praticien n'aurait eu que 70 000 euros nets après flat tax.
La trésorerie capitalisée dans la SPFPL peut être mobilisée de plusieurs façons, selon les objectifs patrimoniaux du praticien :
Rachat de parts de SEL : la SPFPL peut racheter les parts d'un associé sortant ou financer l'entrée dans une autre SEL. Le financement passe par la SPFPL, dont la capacité d'emprunt est souvent meilleure que celle d'un particulier, et les intérêts de l'emprunt sont déductibles du résultat fiscal de la holding.
Investissement immobilier via SCI : la SPFPL peut détenir des parts d'une SCI qui acquiert les murs du cabinet. Le loyer versé par la SELARL à la SCI est une charge déductible pour la SEL, et un revenu foncier pour la SCI — dont l'IS peut être compensé par l'amortissement du bien. Ce triptyque SPFPL/SELARL/SCI est le schéma le plus fréquemment rencontré en optimisation patrimoniale des médecins libéraux.
Contrats de capitalisation et placements financiers : les contrats de capitalisation souscrits par une personne morale sont des outils de gestion de trésorerie long terme, avec une fiscalité différée. La SPFPL peut y placer ses excédents sans imposition immédiate.
Prise de participations dans d'autres SEL : la SPFPL peut détenir des parts dans plusieurs SEL médicales, ce qu'une personne physique ne peut pas faire dans la même proportion sans créer de problèmes de gouvernance ou de responsabilité.
Lorsqu'un praticien cède les parts de sa SELARL, la plus-value réalisée est normalement imposée à 30% (flat tax). Si, au moment de la cession, les parts sont détenues par la SPFPL depuis au moins trois ans, la plus-value peut bénéficier d'un report d'imposition : l'impôt est dû mais son paiement est différé tant que la SPFPL réinvestit le produit de cession dans une activité économique éligible dans les deux ans. Ce mécanisme, prévu à l'article 150-0 B ter du CGI, permet de réinvestir l'intégralité du produit de cession sans ponction fiscale immédiate.
La SPFPL facilite la transmission du patrimoine professionnel. Les parts d'une SPFPL peuvent faire l'objet d'un Pacte Dutreil (article 787 B du CGI), qui permet une exonération de 75% des droits de mutation à titre gratuit (donation ou succession) sous conditions d'engagement de conservation et d'exercice de la direction. Transmettre des parts de SPFPL à ses enfants revient à transmettre indirectement la participation dans la SELARL, avec un coût fiscal très réduit par rapport à une transmission directe de parts de SEL.
La donation de parts de SPFPL est également plus simple juridiquement que la cession de parts de SELARL, qui est soumise à l'agrément des associés et au contrôle de l'Ordre.
Le montage SPFPL/SELARL génère des coûts fixes supplémentaires : frais de création de la holding, comptabilité d'une structure IS supplémentaire, frais juridiques annuels (AG, dépôt des comptes), et potentiellement des honoraires d'avocat pour la rédaction des pactes d'associés et des conventions de trésorerie. Ces coûts varient entre 2 000 et 5 000 euros par an selon la complexité.
Il est rentable à partir du moment où la SEL dégage un excédent annuel net d'IS d'environ 80 000 à 100 000 euros que le praticien ne souhaite pas distribuer à titre personnel immédiatement. En dessous de ce seuil, le gain fiscal ne compense pas les coûts de structure.
Les questions à trancher avant de créer la SPFPL : quel niveau de rémunération le praticien souhaite-t-il maintenir (la SELARL doit continuer à verser une rémunération au gérant, distincte des dividendes) ? Y a-t-il des projets d'investissement dans les 3 à 5 ans (immobilier, rachat de parts, diversification) ? Y a-t-il des associés actuels ou futurs dans la SELARL dont il faut anticiper le rachat ? La vision à 10-15 ans (cession, transmission) change l'intérêt relatif du montage.
Un comparatif BNC/SELARL et une analyse SEL/holding sont des préalables utiles avant de trancher. L'avis d'un expert-comptable spécialisé et d'un avocat en droit des sociétés libérales est indispensable, car le montage doit être validé au regard de la réglementation ordinale et des statuts existants.
La création d'une SPFPL engage des décisions qui structurent votre patrimoine professionnel pour 10 à 20 ans. Le montage doit être validé sur trois plans simultanément : la réglementation ordinale (agrément des associés, conformité aux règles de détention du capital), le droit des sociétés (rédaction des statuts, pacte d'associés, conventions de trésorerie intragroupe) et la stratégie fiscale et sociale (calibrage de la rémunération, politique de dividendes, articulation avec les droits CARMF).
P-ACX Médical réunit autour de la table l'expert-comptable spécialisé en SEL médicales, l'avocat en droit des sociétés libérales et l'expert en protection sociale pour construire le schéma le plus adapté à votre situation : niveau de revenus actuel, projets d'investissement, horizon de transmission. L'objectif est de ne pas créer une structure pour la structure, mais de valider ensemble le go/no go en fonction de vos objectifs réels.
Prenez rendez-vous pour un premier échange, sans engagement, pour poser les bases du diagnostic.
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