Téléconsultation pour le médecin libéral : le guide complet

Comment réaliser de la téléconsultation en tant que médecin libéral ?
Sommaire

La téléconsultation s’est imposée comme un pilier durable de l’exercice médical libéral. Initialement réservée à quelques usages ponctuels, elle constitue aujourd’hui un mode d’exercice à part entière : de nombreux praticiens alternent désormais entre consultations physiques et consultations à distance.

Mais si la pratique semble fluide côté patient, elle est bien plus complexe côté médecin. Statut juridique, imposition des revenus, obligations RGPD ou encore articulation avec la CARMF : la téléconsultation requiert une approche globale.

P-ACX Médical propose ici un décryptage complet pour vous aider à exercer en conformité et à piloter sereinement cette activité hybride.

 

La téléconsultation, un mode d’exercice désormais intégré au libéral ?

Depuis la loi de 2018, la téléconsultation est pleinement reconnue dans la nomenclature médicale. Les actes réalisés à distance sont pris en charge au même titre que ceux effectués au cabinet, sous réserve de respecter le parcours de soins.

Le médecin libéral reste soumis aux mêmes obligations : identification du patient, tenue du dossier médical, traçabilité des prescriptions et utilisation d’une plateforme agréée.

Deux cadres coexistent :

  • La téléconsultation intégrée au cabinet, avec facturation directe via l’Assurance Maladie ;
  • La téléconsultation déléguée à une plateforme (Doctolib, Livi, Qare…), qui agit comme intermédiaire technique et financier.

 

C’est cette seconde modalité qui complexifie la gestion administrative et comptable : les flux transitent par un tiers, souvent étranger au système de facturation du praticien.

 

Statut juridique : comment déclarer l’activité de médecine par téléconsultation ?

La téléconsultation ne nécessite pas de créer une nouvelle structure. Elle s’intègre dans l’activité existante : le même numéro SIRET et la même déclaration d’activité à l’URSSAF suffisent.

Cependant, le médecin doit s’assurer que son assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) couvre bien les actes réalisés à distance, ce n’est pas automatique.

En cas d’exercice via une plateforme, il est impératif de signer une convention écrite précisant :

  • La répartition des responsabilités ;
  • Les conditions de rémunération ;
  • Les obligations de conformité RGPD.

 

Un défaut de contrat clair peut entraîner une requalification en lien de subordination, avec à la clé un risque de requalification en salariat.

Enfin, si le médecin exerce en SEL ou SCP, l’activité de téléconsultation doit être intégrée dans l’objet social et validée par l’Ordre.

 

Comptabilité : comment tracer et enregistrer les revenus ?

 

Les honoraires issus de la téléconsultation

Les honoraires de téléconsultation constituent des recettes professionnelles. Ils doivent être enregistrés dans la comptabilité BNC (ou celle de la SEL) au moment de leur encaissement.
Deux cas se présentent :

  • Paiement direct du patient : les honoraires sont encaissés sur le compte professionnel et intégrés dans les recettes habituelles.
  • Paiement via plateforme : la plateforme collecte les paiements, déduit sa commission, puis reverse le solde au médecin.

 

Le montant à comptabiliser correspond toujours au brut encaissé avant commission, les frais prélevés étant inscrits séparément en charge.
Il est conseillé de conserver :

  • Le relevé de versement de la plateforme ;
  • Les factures de commission ;
  • Une preuve de la réalisation de l’acte (facture ou export comptable).

 

Les charges liées à l’activité

Les abonnements aux plateformes (frais mensuels, commissions, logiciels) sont déductibles en charges externes.

Les autres dépenses associées peuvent être :

  • Le matériel informatique et vidéo ;
  • Les licences logicielles (sécurité, visioconférence, gestion des dossiers patients) ;
  • Les frais de connexion et de maintenance technique.

 

Lorsque le même équipement est utilisé au cabinet et à domicile, la proportion d’usage professionnel doit être estimée pour justifier la déduction partielle.

 

Les commissions prélevées par les plateformes

Les plateformes appliquent généralement une commission de 5 à 15 %. Ces montants doivent apparaître dans la comptabilité comme frais de service.

Si la plateforme est basée à l’étranger, le médecin doit vérifier si une auto-liquidation de TVA intracommunautaire s’impose (mention sur la facture et déclaration dans la case correspondante de la 2035).

 

Fiscalité : quelle imposition et quelles cotisations sociales ?

Les revenus de téléconsultation sont soumis aux mêmes règles fiscales que les autres honoraires libéraux.

  • En BNC, ils s’ajoutent aux autres recettes et sont imposés après déduction des charges ;
  • En SEL, ils s’intègrent dans le résultat imposable à l’impôt sur les sociétés.

 

Côté social, les cotisations URSSAF et CARMF s’appliquent sans distinction : l’activité à distance est assimilée à de la médecine libérale classique.

La seule nuance réside dans la traçabilité : en cas de contrôle, l’administration exigera une correspondance entre les revenus déclarés et les relevés émis par les plateformes.

 

RGPD et données de santé : vos obligations en tant que praticien

L’un des enjeux majeurs de la téléconsultation réside dans la protection des données de santé, considérées comme sensibles au sens du RGPD.

 

Hébergement et sécurité

Le médecin doit s’assurer que la plateforme utilisée est agréée Hébergeur de Données de Santé (HDS).
L’usage d’outils non sécurisés (Zoom, Skype, WhatsApp…) est prohibé. La CNIL peut sanctionner un professionnel qui utiliserait une solution non conforme, même de bonne foi.

 

Consentement et information du patient

Avant toute téléconsultation, le patient doit être informé :

  • De la finalité de la collecte des données ;
  • De la durée de conservation ;
  • De ses droits d’accès et de rectification.

 

Le consentement doit être explicite, souvent matérialisé par une case à cocher ou une clause intégrée dans le parcours de téléconsultation.

 

Responsabilité partagée

En signant les CGU d’une plateforme, le médecin devient co-responsable du traitement des données.
Il doit donc vérifier :

  • Que la plateforme mentionne le responsable du traitement et les sous-traitants ;
  • Que les données ne sont pas utilisées à des fins commerciales ;
  • Que les transferts hors UE sont interdits ou encadrés.

 

Les bonnes pratiques pour une téléconsultation conforme

La conformité n’est pas qu’une obligation légale : elle sécurise votre exercice professionnel.

Parmi les réflexes que vous devez adopter :

  • Tenir un registre des traitements RGPD, décrivant la gestion des données patient ;
  • Séparer les messageries personnelles et professionnelles ;
  • Utiliser un poste informatique protégé par un mot de passe robuste et un antivirus à jour ;
  • Sauvegarder les documents dans un espace sécurisé ;
  • Archiver les justificatifs comptables et les versements de plateforme ;
  • Relire régulièrement les CGU des plateformes partenaires.

 

Ces retours d’expérience garantissent la cohérence entre les obligations fiscales, sociales et déontologiques.

 

Téléconsultation et protection sociale : même traitement que votre activité « classique » ?

L’activité de téléconsultation ouvre les mêmes droits sociaux qu’une activité classique :

  • CARMF : les revenus à distance entrent dans le calcul des cotisations et des droits à retraite.
  • URSSAF : les cotisations maladie, allocations familiales et CSG-CRDS sont calculées sur les revenus professionnels totaux.
  • Assurance prévoyance : les contrats couvrant les arrêts de travail ou l’invalidité doivent expressément mentionner la téléconsultation comme activité couverte.
  • Responsabilité civile professionnelle : il faut vérifier l’extension de garantie aux actes réalisés hors cabinet.

 

En cas de cumul d’activités (cabinet + téléconsultation sur plateforme), un suivi précis des flux s’impose pour éviter les erreurs de déclaration.

 

Vos téléconsultations conformes et réussies avec P-ACX Médical

Chez P-ACX Médical, nous accompagnons les médecins libéraux dans la structuration complète de leur activité de téléconsultation :

  • Audit du cadre juridique et RGPD ;
  • Intégration comptable des flux issus des plateformes ;
  • Optimisation fiscale (charges déductibles, TVA, statut sociétaire) ;
  • Vérification des couvertures sociales et contractuelles (RCP, prévoyance, CARMF) ;
  • Mise en conformité documentaire : convention, registre, CGU, justificatifs.

 

Parce qu’une téléconsultation conforme, c’est d’abord un exercice sécurisé, P-ACX Médical aide chaque praticien à relier éthique, conformité et performance économique. Contactez-nous pour en discuter !

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L'expertise P-ACX Médical

Professionnel de santé, P-ACX Médical est un cabinet spécialisé dans la gestion et l’optimisation de votre activité libérale.

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