Retraite

Retraite du médecin libéral : comment anticiper la baisse d’imposition post-activité ?

Médecin, comment anticiper votre baisse d'imposition lorsque vous arriverez à la retraite ?
Sommaire

Le passage à la retraite est souvent vécu comme un soulagement du point de vue fiscal. Pour un médecin libéral, la baisse des revenus entraîne mécaniquement une diminution de l’impôt sur le revenu. Pourtant, cette phase marque aussi la fin d’un cycle d’optimisation : plus de charges déductibles, de stratégie de rémunération ou de dispositifs à effet différé.

Mal préparée, cette transition peut entraîner une perte d’efficacité fiscale voire des erreurs de timing aux conséquences lourdes : sortie de PER au mauvais moment, clôture précipitée de la SEL, cession du cabinet mal valorisée…

Anticiper la retraite, c’est avant tout savoir piloter sa fiscalité avec cohérence, pendant et après son activité.

 

Comprendre la bascule fiscale à la retraite

 

Une pression fiscale forte en activité

En libéral, les revenus sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC), soumis à l’impôt sur le revenu (IR). Pour un médecin installé, le taux marginal d’imposition (TMI) dépasse souvent 30 %, voire 41 ou 45 % selon la situation familiale.

À cela s’ajoutent :

  • la CSG-CRDS (9,7 %) sur les bénéfices,
  • les cotisations sociales (URSSAF, CARPIMKO ou CARMF),
  • Et une fiscalité indirecte sur certaines dépenses non déductibles.

 

Cette forte pression justifie le recours à des stratégies d’optimisation : versements retraite, statut en société, arbitrage rémunération/dividendes, etc.

 

… suivie d’une chute nette de l’imposition

Une fois à la retraite :

  • Les revenus baissent significativement (souvent -50 à -70 %),
  • Les pensions perçues sont moins imposées,
  • Certaines cotisations (URSSAF, CARMF) disparaissent.

 

Résultat : le TMI tombe généralement à 11 % et la fiscalité devient beaucoup plus douce. Mais c’est aussi la fin des dispositifs déductibles… sauf si on a su préparer cette bascule.

 

Optimiser ses versements retraite en phase d’activité

 

Le PER : levier fiscal sous-exploité

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet de déduire les versements volontaires de son revenu imposable. Pour un médecin en exercice :

  • Jusqu’à 81 384 € peuvent être déduits en 2025 (selon revenu BNC),
  • Les versements sont déductibles à la tranche marginale, soit 30 à 45 %,
  • Les plafonds non utilisés des 3 dernières années peuvent être mobilisés.

 

En somme, 10 000 € versés peuvent générer jusqu’à 4 500 € d’économie d’impôt, à condition d’être bien synchronisés avec le revenu imposable.

 

Rente ou capital : bien préparer la sortie

La sortie du PER peut se faire :

  • En capital : imposition au PFU (30 %) ou au barème de l’IR (si plus avantageux),
  • En rente viagère : fiscalité atténuée selon l’âge à la sortie.

 

Sortir l’épargne en phase de faible TMI, après cessation d’activité, peut ainsi limiter l’impôt à 11 %, voire moins. Mais une sortie trop massive ou mal timée peut réintégrer brutalement ces montants dans l’imposition.

 

Structurer sa fin d’activité via la SEL et la holding

 

La réserve de trésorerie : différer intelligemment la fiscalité

En SEL (ou SELARL), les bénéfices sont imposés à l’impôt sur les sociétés :

  • 15 % jusqu’à 42 500 €,
  • 25 % au-delà.

 

Plutôt que de se verser une rémunération imposée à 41 %, il est parfois plus pertinent de :

 

Un cas récent chez P-ACX Médical :  Un médecin laisse 50 000 € en réserve dans sa SEL. Une fois à la retraite, il les perçoit sous forme de dividendes. Il subit alors le PFU à 30 %, ou un taux personnalisé selon son IR post-activité. Gain fiscal : 10 à 15 points d’imposition.

 

La holding : outil de transmission et de capitalisation

Créer une SPFPL (holding) permet :

  • De détenir les parts de la SEL et de capter les dividendes en différé,
  • De capitaliser les flux dans une structure à l’IS,
  • De préparer une cession ou une transmission de l’activité dans de bonnes conditions fiscales.

 

C’est aussi un outil pour réinvestir les bénéfices dans :

  • Des contrats de capitalisation,
  • De l’immobilier locatif,
  • Ou des parts de SCPI, tout en gardant une maîtrise de la fiscalité.

 

Préparer la transmission ou la cessation d’activité libérale

 

Cession de cabinet : maîtriser la plus-value

La revente du cabinet libéral (ou des parts de SEL) peut générer une plus-value professionnelle. Plusieurs exonérations existent :

  • Exonération totale si le CA < 250 000 € et activité exercée depuis plus de 5 ans,
  • Abattements pour durée de détention,
  • régime favorable en cas de départ en retraite (article 151 septies A du CGI).

 

Mais attention à :

  • L’évaluation du cabinet (clientèle réelle ou société),
  • La forme de la vente (fonds ou titres),
  • La date d’effet par rapport à la cessation d’activité.

 

Fermeture de la société : gare au « boni de liquidation »

Si le médecin cesse son activité sans revendre sa SEL, il devra la liquider. Cela déclenche :

  • Un boni de liquidation assimilé à un dividende,
  • Soumis au PFU (30 %) ou à l’IR,
  • Parfois requalifié en revenu s’il y a abus de droit.

 

Un bon conseil ? Prévoir la transmission ou la location du cabinet en amont, pour éviter une fermeture brutale.

 

3 erreurs fiscales fréquentes à l’approche de la retraite

  1. Surcharger son PER à la fin
    Mauvais timing : mieux vaut lisser les versements sur 5 à 10 ans pour profiter pleinement de la déduction.
  2. Sortir tous les dividendes avant de cesser son activité
    Cela augmente le revenu imposable à une TMI élevée. Mieux vaut étaler après pour lisser l’imposition.
  3. Fermer sa SEL sans anticipation
    Perte d’optimisation, mauvaise gestion du boni, oubli des reports fiscaux (déficits, amortissements…).

 

Votre retraite de médecin libéral optimisée avec P-ACX Médical

Chez P-ACX Médical, nous pensons qu’un départ à la retraite ne se prépare pas à 64 ans, mais bien 5 à 10 ans avant. Notre approche croise expertise fiscale, stratégie patrimoniale et connaissance fine des spécificités du secteur libéral.

Nous vous accompagnons sur :

  • Le bilan retraite et la projection de vos revenus nets après activité,
  • La simulation fiscale TMI / PFU / cotisations sociales,
  • Le pilotage de votre rémunération en amont (BNC, SEL, holding…),
  • Les stratégies de transmission ou de capitalisation adaptées à vos projets personnels.

 

Nous vous aidons à structurer cette transition pour qu’elle serve vos objectifs — et pas ceux de l’administration fiscale. Contactez-nous pour en discuter !

Partager l’article

L'expertise P-ACX Médical

Professionnel de santé, P-ACX Médical est un cabinet spécialisé dans la gestion et l’optimisation de votre activité libérale.

Nos expertises s’étendent de l’expertise-comptable à l’accompagnement juridique en passant par la gestion de patrimoine et la protection sociale.

Demandez un audit de votre situation, c’est sans engagement !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos certifications