Accueil » Ressources » Dividendes et rémunération du médecin libéral : comment ça marche ?
L’évolution de l’exercice médical vers des formes sociétaires - SELARL, SELAS ou SELASU - a profondément modifié la façon dont les médecins se rémunèrent. Le versement de dividendes est souvent perçu comme un levier d’optimisation fiscale : plus de liberté, moins de charges, une trésorerie mieux maîtrisée.
Mais derrière cette apparente simplicité se cachent des règles précises et des différences majeures selon le statut juridique choisi. Mal maîtrisé, le versement de dividendes peut conduire à des redressements URSSAF, des pertes de droits sociaux ou une fiscalité alourdie.
P-ACX Médical vous propose un décryptage complet pour comprendre comment utiliser intelligemment les dividendes selon votre structure d’exercice.
La rémunération du praticien en société se compose généralement de deux volets principaux :
En théorie, ces dividendes représentent la juste récompense du risque entrepreneurial. En pratique, beaucoup de médecins les confondent avec un complément de revenu ordinaire.
Or, leur statut fiscal et social diffère selon la forme de société : SELARL ou SELAS, les règles changent du tout au tout.
L’objectif n’est donc pas de bannir les dividendes, mais de les intégrer dans une stratégie globale : rémunération, retraite, protection et patrimoine.
Les dividendes sont distribués à partir du résultat net comptable de la société, une fois l’IS payé. La distribution doit être votée par les associés lors de l’assemblée générale annuelle d’approbation des comptes.
Le montant perçu dépend de la part détenue dans le capital : un associé à 50 % recevra 50 % de la somme distribuée.
Ces dividendes sont ensuite soumis à la fiscalité personnelle :
Mais au-delà de cette règle commune, le régime social du dirigeant modifie profondément la donne.
Dans une SELARL, les gérants majoritaires relèvent du régime des indépendants (SSI). Depuis la réforme de 2013, les dividendes qu’ils perçoivent au-delà de 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant d’associé sont soumis aux cotisations sociales URSSAF et CARMF, comme une rémunération classique.
En dessous de ce seuil, ils restent soumis uniquement au PFU ou au barème de l’IR.
Prenons un exemple :
Un médecin détient une SELARL avec 20 000 € de capital et 30 000 € en compte courant. Le seuil de 10 % est donc de 5 000 €.
Cette règle a pour effet d’effacer en grande partie l’intérêt d’une distribution importante dans ce type de structure.
Les dividendes ne remplacent pas une rémunération : ils ne génèrent aucun droit social (retraite, IJ, prévoyance).
L’intérêt principal reste donc de mixer rémunération et dividendes : une rémunération suffisante pour la protection sociale, et des dividendes modestes pour lisser la fiscalité.
En SELAS, le président est assimilé salarié : il relève du régime général et non de la SSI.
Les dividendes versés aux associés (qu’ils soient dirigeants ou non) ne supportent pas de cotisations sociales, seulement la fiscalité sur les revenus mobiliers (PFU ou IR).
Ce régime est donc souvent perçu comme plus “souple”. Les dividendes deviennent un outil de distribution patrimoniale :
Mais ce modèle comporte aussi un effet miroir : moins de cotisations = moins de couverture.
Un médecin qui privilégie exclusivement les dividendes renonce à renforcer ses droits CARMF ou à alimenter une retraite complémentaire par répartition.
L’arbitrage entre rémunération et dividendes dépend du niveau de revenu, du taux marginal d’imposition (TMI) et des besoins de protection.
En pratique :
L’intérêt du montage repose donc sur la structure mixte : un socle de rémunération pour le train de vie et la retraite, et des dividendes ponctuels pour optimiser la trésorerie.
Les erreurs sur les dividendes proviennent souvent d’une confusion entre flux économiques et flux juridiques :
Un médecin en SEL doit pouvoir justifier l’équilibre entre rémunération, dividendes et réserves : c’est un point de vigilance clé lors des contrôles croisés CNAM/URSSAF/DGFIP.
Une stratégie pertinente ne se limite jamais à l’année fiscale.
Quelques leviers à envisager :
La clé est de ne pas chercher le rendement immédiat, mais la cohérence à long terme entre revenus, protection et patrimoine.
La trésorerie excédentaire d’une SEL n’a pas toujours vocation à être distribuée.
Beaucoup de praticiens la conservent dans un compte courant d’associé (CCA) : somme que le médecin laisse volontairement dans la société.
Ce compte peut être rémunéré par des intérêts :
Cette solution permet de valoriser l’épargne sans déclencher de cotisations sociales. Elle est particulièrement pertinente lorsque la SEL prépare un investissement ou un rachat de matériel.
Mais la traçabilité doit être parfaite : confondre un remboursement de CCA et une distribution de dividendes expose à une requalification en revenus distribués, avec pénalités.
Les dividendes ne sont ni bons ni mauvais. Ils ne deviennent efficaces qu’intégrés dans une stratégie globale, pensée sur plusieurs années.
Chez P-ACX Médical, nous accompagnons les praticiens dans la conception de leur stratégie de rémunération et de distribution.
Nos experts analysent chaque paramètre :
Nous construisons avec vous un équilibre durable : suffisamment de rémunération pour préserver vos droits, des dividendes calibrés pour alléger la fiscalité, et une stratégie d’épargne cohérente avec vos projets. Contactez-nous pour en discuter et optimiser votre fiscalité !
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